Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg Laboratoire National de Santé du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg
  Recherche
 x Recherche avancée
  Accueil | Nouveautés | Newsletter | Liens | Vos réactions | Contact Aide | Index | A propos du site
      ImprimerEnvoyer à

> Accueil > Actualités > Articles d'actualités > 08 > Analyse d’échantillons de cocaïne et d’héroïne saisies au Grand-duché de Luxembourg entre 2005 - 2010

Analyse d’échantillons de cocaïne et d’héroïne saisies au Grand-duché de Luxembourg entre 2005 - 2010

Vers le niveau supérieur

La division de toxicologie du LNS effectue les analyses qualitatives et quantitatives des saisies de drogues / produits illicites à Luxembourg. Dans cette étude nous avons évalué la pureté des saisies de cocaïne et d’héroïne ainsi que la présence et les concentrations des agents de coupe des saisies effectuées entre janvier 2005 et décembre 2010. Les drogues saisies par les forces de l’ordre sont déposés à la division de toxicologie pour analyse. Après documentation (photo et pesé) les saisies sont analysés par chromatographie gazeuse couplé à la spectrométrie de masse puis les constituants actifs (psychotropes) sont dosés par chromatographie liquide couplé à un détecteur UV. La présence de sels est effectuée par analyse aux rayons X. Au total 471 échantillons de cocaïne HCl et 962 échantillons d’héroïne ont été inclus dans cette étude. Dans le tableau 1 est représentée l’évolution du nombre d’échantillons entre 2005 et 2010.

Tableau 1 : Evolution du nombre de saisies entre 2005 – 2010.

 

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Cocaïne

36

56

81

105

91

102

Héroïne

45

120

166

162

237

232

Les échantillons de cocaïne ont été très hétérogènes quant à la composition et la concentration en cocaïne et en produits de coupe. La concentration en cocaïne variait entre presque rien (0.2%) et très pur (> 99.0% dans 18 échantillons). La concentration moyenne était > 50% entre 2005 et 2008 et a diminué depuis en dessous de 50%. Cette tendance est en accord avec des observations du « European Monitoring Center for Drugs and Drug Addiction » (EMCDDA) qui a noté une diminution de la pureté des échantillons de cocaïne depuis 2008. L’évolution de la pureté de la cocaïne est représentée dans la figure 1.

Pureté de la cocaïne

Figure 1 : Pureté de la cocaïne HCl entre 2005 – 2010.

Au total 14 agents de coupe différents ont été dépistés. Ils peuvent être divisés en deux grands groupes. Les substances / médicaments présents fréquemment (> 17%) dans les échantillons de cocaïne:

-         la phénacétine (médicament analgésique et antipyrétique). La phénacétine est l’adultérant le plus souvent rencontré, sa concentration moyenne a diminué de 40.9% en 2005 à 17.5% en 2010 ;

-         la caféine (stimulant) ;

-         le diltiazem (médicament antihypotenseur et vasodilatateur) ;

-         le lévamisole (médicament antiparasitaire utilisé en médicine vétérinaire). La première apparition de lévamisole dans des échantillons de cocaïne a été faite il y a environ 5 ans environ, aujourd’hui presque 90% des échantillons en contiennent. Le lévamisole est interdit en médicine humaine à cause d’effets secondaires importants ;

-         la lidocaïne (anesthésique local) ;

-         l’hydroxyzine (médicament antihistaminique, antiallergique).

Les substances moins fréquemment (< 7%) présentes dans les échantillons sont :

-         la procaïne et benzocaïne (anesthésiques locaux),

-         le paracétamol (médicament analgésique),

-         l’ephédrine et méthylephédrine (produits stimulants, dopants),

-         le diclofénac (antiinflammatoire),

-         l’atropine (stimulant cardiaque et antidote à certaines intoxications).

Comparés à la cocaïne, les échantillons d’héroïne sont très homogènes ; ils contenaient presque toujours de la caféine et du paracétamol. Entre 2005 et 2006 la concentration moyenne en héroïne diminuait de 26.6% à 15.8%. Depuis, cette concentration était très stable. En même temps la concentration moyenne du paracétamol augmentait de 32.1% à 46.9%. La concentration moyenne de la caféine ne variait que très peu. L’évolution des concentrations en héroïne, caféine et paracétamol est représentée sur la figure 2.

Concentration en héroïne

Figure 2 : Concentration en l’héroïne, paracétamol et caféine.

Les raisons pour lesquelles différentes substances psychotropes sont ajoutés aux drogues ne sont pas toujours bien comprises. Il est évident que l’ajout d’agents de coupe correspond à une diminution de la concentration en cocaïne ou en héroïne donc a priori à une marge de gain plus important pour les trafiquants de drogues. D’autre part il est certain que les agents de coupe peuvent augmenter / changer les effets des drogues. Ainsi il est spéculé que le lévamisole augmenterait les effets de la cocaïne et que la lidocaïne, la procaïne et la benzocaïne seraient ajoutés parce qu’ils ont des effets semblables à la cocaïne. La caféine diminue la température de vaporisation de l’héroïne et faciliterait ainsi l’inhalation de l’héroïne lorsqu’elle est fumée et le paracétamol mimerait les effets analgésiques de l’héroïne.

Lien publication dans « Forensic Sci. Int. » : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21767923

Lien EMCDDA : http://www.emcdda.europa.eu/

 



Haut de page

Copyright © Laboratoire national de santé   Aspects légaux | Contact